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Lempoisonneuse Hélène Jégado, complainte d'Epinal

Sur le banc des accusés

La Jégado, page 1

COMMENÇONS PAR LA FIN…


Transportons-nous au Champ de Mars à Rennes un jeudi matin de l'an 1852. Ce jeudi de fin d'hiver, c'est le 26 février, l'aube est évidemment blafarde. La machine est sinistre, le fourgon grinçant, l'immense foule silencieuse. Nous sommes là, avec des milliers d'autres, pour voir la fin d'une femme condamnée pour vols domestiques. En ce milieu du dix-neuvième siècle les crimes contre la propriété sont toujours pris au sérieux, surtout les vols commis par les domestiques chez leur propre employeur. Un peu de linge, quelques mouchoirs, une cuillère en argent : le butin paraît dérisoire. La peine est pourtant capitale : la bourgeoisie du milieu de dix-neuvième siècle a des notions bien développées de légitime défense...

Cette fois-ci, il y a quand même d'autres accusations un peu plus graves. La cour d'assises d'Ille et Vilaine a condamné Hélène Jégado à la peine de mort pour vols domestiques, c'est vrai, mais aussi pour empoisonnement. Combien d'empoisonnements au juste on ne le saura jamais, tous ses forfaits n'ont pas été jugés, mais ses victimes sont assez nombreuses. Disons, grosso modo, à peu près trois douzaines sur une période de dix-huit ans : des hommes, des femmes, des enfants, des curés. La petite dame qu'on va guillotiner devant nous ce matin détient en effet le record mondial du crime au féminin. A vrai dire, elle a largement dépassé ses concurrents masculins les plus célèbres. Oublions Landru, Petiot et compagnie, ce ne sont que de petits bricoleurs, des assassins du dimanche.

(à suivre...)

la-jegado
31/10/06